Une enfance en 1944

Madame Touron, femme de Baptiste Touron, alias « Michel » , Résistant sous le commandement du capitaine « Jo » Guérin en 1943/44, (lire un extrait de son temps de maquis en cliquant sur « Témoignages de Résistants » sur le bandeau de la page d’accueil), madame Touron donc, nous a fait le plaisir de nous envoyer un texte relatant une partie de sa vie avec ses parents en 1944 dans la région parisienne. Elle nous autorise à le publier en ce dernier jour d’une longue année 2020 plutôt triste.

Le voici en entier sans retouches bien sûr: « ROUTE : SOUVENIR que je garde au cœur !» J’ai onze ans en 1944. Nous vivons les derniers jours de l’occupation allemande en région Parisienne. Mes parents et moi demeurons dans un immeuble, en bordure du bois de Vincennes, à Charenton-le-Pont. Des villas luxueuses longeant le bois, sont inoccupées et réquisitionnées par les Allemands : S.S, gestapo et consorts y mènent alors une existence privilégiée de fêtes, beuveries, ripailles. Et, à ce moment, étant pris au piège, ils s’enfuient dans des voitures civiles en déchargeant leurs armes sur tout ce qui bouge ! On entend fréquemment des salves de mitraillettes crépiter çà et là.

Mon père arrive en vélo à la maison (le métro ne viendra à proximité de chez nous que bien après la guerre !). Maman, elle, n’est pas encore rentrée. Je le vois remettre ses pinces au bas de son pantalon, et enfourchant son vélo : « une course à faire », me dit-il. « Papa emmène-moi s’il te plaît. ». Je le supplie et enfin me retrouve juchée sur le cadre du vélo, enserrée par ses bras (il faut dire que je suis affreusement maigre). Je ne sais pas où nous allons…

Nous débouchons sur cette route magnifique qui s’étend à l’orée du bois jusqu’à la Porte de Charenton, une des entrées de la capitale. Non loin de nous : le zoo de Vincennes qui m’est familier. Tous les matins je suis réveillée par le rugissement des lions, les cris des paons et de ceux des singes qui se querellent ! Nous passons ensuite devant la «CIPALLE» (stade très fréquenté avant guerre, où avaient lieu les rendez-vous cyclistes parisiens). Nous ne croisons aucun véhicule, et, progressivement la mitraille, les rafales se calment… à croire que tout s’est arrêté !

La soirée s’annonce très belle : en attente de grands événements que je pressens confusément ! Cette route, telle une rivière paisible, est limpide, amicale, coopérante. La lumière du couchant teint d’orangé toute la nature environnante et les façades des maisons. Après quelques méandres de la route toute en courbes harmonieuses, nous débouchons enfin PORTE DE CHARENTON à la limite du XIIème arrondissement. C’est ici la ceinture de Paris, dite « boulevards circulaires ». A cette époque, sur la grande place trônaient les bâtiments d’OCTROI (non encore aboli, il le sera en 1948 !) par lequel il fallait « obligatoirement » passer et s’acquitter de droits sur les marchandises transportées.

Nous rejoignons un attroupement de civils qui grossit à vue dœil. Il en arrive de partout et on nous envoie vers un autre groupe… Et soudain, comme d’un coup de baguette magique, sortent des immeubles des lits cages métalliques, des matelas, de vieilles cuisinières, des buffets, des mannequins, des fauteuils (défoncés). Tout cet attirail hétéroclite est porté sur la route par une chaîne humaine. Et 1à, barrant la circulation, s’élève, en un clin d’œil, une barricade sur laquelle flotte fièrement notre drapeau tricolore.

Ensuite, nous sommes occupés à déterrer les pavés avec un outillage de fortune ! Les cubes de granit gris du boulevard « résistent» eux aussi ; le travail est pénible et les mains souffrent même avec des gants. Cependant nous chantons et nous sommes protégés par un détachement F.F.I. en position de combat, qui vient d’investir la barricade ! J’apprends que toutes les portes de Paris ont reçu la même consigne : « TOUT PARIS AUX BARRICADES ». Il faut couper la retraite aux unités allemandes restant dans la région parisienne afin de les empêcher d’aller rejoindre le front de Normandie.

J’entends dire aussi qu’un char allemand « PANZER » est bloqué par la Résistance, non loin, et on entend des tirs de mitrailleuses et des explosions en chaîne. Cela ne nous empêche pas de remplir nos brouettes acheminées au pied de la barricade, qui, à son tour, s’enrichit d’une muraille de pavés !! La MARSEILLAISE est entonnée, suivie de « Auprès de ma Blonde ». On rit, on s’embrasse ! Le temps passe vite dans cette ambiance de fourmilière. Et lors d’une pause, papa, qui avait aidé à la mise en place d’une mitrailleuse, vient vers moi et me dit : «il faut rentrer maintenant ».

A contrecœur, après maintes embrassades, les larmes dans les yeux, nous voilà à nouveau sur la route du retour : le cadre du vélo est plus dur, j’encaisse mal les aspérités de la route mais j’essaie de ne pas y penser.

Très vite la situation change : des coups de feu retentissent de toutes parts ; une grande agitation se produit autour de nous. Papa accélère tant qu’il peut ! Des F.F.I. sont aux prises avec des Allemands qui ripostent ; les balles sifflent. Alors, papa abandonne la route et roule à I’ orée du bois, au ras des marronniers d’Inde qui jalonnent les trottoirs de sable blanc … et il peine !! Il ne dit mot .. reste calme (du moins je le suppose) mais je ne vois pas son visage. Je scrute les alentours, la peur au ventre ! Je sais que nous sommes en danger !! Que cette route est longue et épuisante … pas même la moitié du trajet accomplie à cet instant !!!

D’une maison cossue s’échappent des flammes : des prisonniers allemands en sortent, les mains en l’air, sous bonne garde ! La peur me tenaille, mais le vélo ne s’arrête pas ! Je ne me souviens plus comment nous avons pu faire le reste du parcours sur cette route INTERMINABLE… Et pourtant, lorsqu’ arrive enfin ma RUE (la rue des Ormes, c’est son nom) j’aperçois la maison et surtout maman qui, le visage ravagé par I’ anxiété et les larmes, se précipite vers nous. Mon cœur bat à tout rompre et je tombe dans ses bras.

Deux jours après ces événements, le 26 août 1944, nous sommes tous les trois accoudés à la fenêtre pour profiter enfin d’une soirée calme. Soudain dans le lointain des cloches sonnent à toute volée (nous apprendrons plus tard que ce sont celles de NOTRE-DAME DE PARIS, reprises par toutes celles des églises de la capitale et des banlieues). Elles annoncent officiellement à la population : LA LIBERATION de Paris et de sa COURONNE.

Après la guerre, et encore maintenant, parfois je refais cette route par la pensée (puisque depuis longtemps je vis en Corrèze) mais chaque fois mes souvenirs remontent. Je suis émue et fière d’avoir effectué ce parcours sur cette route de LA DELIVRANCE, un des plus beaux « souvenirs » « OUE JE GARDE AU COEUR» (citation de J.-B. Clément, Le Temps des Cerises, 1867). »

 Monique Touron accompagne des élèves de l’école de Vignols pour déposer une gerbe au monument aux morts à l’occasion de la journée nationale de la la Résistance le 27 mai 2018.

 

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17 juin 1940, 18 juin 1940

  • Le 17 juin 1940, Philippe Pétain fait une allocution radiophonique annonçant l’ouverture des négociations d’armistice et demandant aux troupes françaises de cesser le combat.

Aussitôt, trois personnes de sensibilités politiques différentes réagissent, Charles Tillon, à Gradignan, Daniel Cordier à Bordeaux, Edmond Michelet à Brive et font circuler des tracts appelant à continuer la lutte.

Le tract de Charles Tillon nous dit que

« …Le peuple français ne veut pas de l’esclavage, de la misère, du fascisme,pas plus qu’il n’a voulu de la guerre des capitalistes. Il est le nombre. Uni, il sera la force« …

(voir précédent article sur C Tillon en cliquant ici)

Celui de Daniel Cordier appelle aussi à s’unir

 » Les jeunes font appel à ceux de leurs camarades qui aiment la France, qui savent encore ce qu’elle représente et qui veulent sauver son âme. Ils leur demandent de se retrouver dans ce but. Groupons-nous. La France ne doit pas mourir. »

Le tract d’Edmond Michelet glissé sous des portes d’entrée brivistes prend ses références dans l’oeuvre de Charles Péguy et appelle à refuser l’occupation allemande

«  …Celui qui ne se rend pas a raison contre celui qui se rend… »

  • Le 18 juin 1940, la demande de ne pas « baisser les bras » vient de Londres et c’est l’appel du 18 juin du général de Gaulle, commémoré tous les ans dans nos communes françaises.

MC Gauthier- Bravard nous adresse deux photos de la commémoration faite au monument aux morts d’ Objat ce 18 juin 2020 à 11h30, toujours en comité restreint, précaution vis à vis du Covid 19 oblige. Nous notons la présence de Yves Ponthier avec le drapeau du comité ANACR secteur d’ Objat ainsi que celles de notre trésorière Monique Touron et  de Christine Bravard, co-présidente du comité.

Un article sur « le terroriste » De Gaulle, condamné à mort par le gouvernement de Vichy est à voir sur ce site en cliquant ici.

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Des projets pour 2020

Les membres du bureau ANACR secteur d’Objat ainsi que tous ses adhérents vous souhaitent une année 2020 la mieux réussie possible, en se souvenant d’une phrase d’Albert Camus  » Je me révolte donc nous sommes ».

Les premières dates à retenir pour participer aux travaux de notre comité sont le:

  • dimanche matin 23 février 2020, jour de notre Assemblée générale et de remise de cartes d’adhérents, salle n°1 de la Maison des Associations (ancienne gendarmerie route de Juillac),
  • dimanche matin 5 avril 2020 à la stèle de la Garédie (pour plus de précisions sur la cérémonie, cliquer ici)

Pour les autres événements, nous ferons le point plus tard dans l’année en publiant un article sur ce site.

Sautez le pas, venez nous rejoindre. Lucie Aubrac disait aux élèves quand elle était invitée à venir parler de son combat de Résistante dans des collèges ou lycées:        « Le verbe RESISTER doit toujours se conjuguer au PRESENT. »

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Le Vaysse des Maquis

Dimanche 27 octobre 2019, le comité ANACR secteur d’Objat a eu le plaisir d’être sollicité par un groupe de marcheurs de la Dordogne souhaitant découvrir le circuit des caches du détachement Jean Robert dans le Vaysse.

Les voici sur la passerelle enjambant la Loyre et reliant la commune de Vignols à celle d’Orgnac. 

Cette passerelle n’existait pas en 1944 et c’est en se jetant dans l’eau que les maquisards ont changé d’endroit le 8 avril de cette année-là lors de la venue des Allemands à proximité de leur cache. (cliquer ici pour en savoir plus). Une anecdote: la première passerelle installée à cet endroit il y a une vingtaine d’années avait été voulue et construite en bois par les membres fondateurs de l’Amicale des sentiers pédestres de Vignols et de ses environs.

Un des animateurs de ce club de marcheurs a filmé quelques passages plutôt pittoresques du circuit et nous a très vite envoyé le lien pour aller voir la vidéo, ce dont nous le remercions. .https://youtu.be/mUb4lzul9-I

Vous constaterez que le Vaysse est sauvage et très escarpé, peu avare de ruisseaux, ce que recherchaient les maquisards pour leurs caches.

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Michel Baluze, alias Mammouth

Michel Baluze, colonel FFI,

Résistant hautement apprécié et écouté de « ses hommes ».

Septembre 2019 : 75 ans après les événements de 1944, nous recueillons toujours les témoignages des maquisards du détachement Jean Robert de la 235ème compagnie FTPF encore parmi nous.

Nous revenons sur la période qui s’est déroulée juste après la libération de Brive le 15 août 1944, libération à laquelle les compagnies FTPF dont la 235ème cie ont largement contribué, suivie de celle de Tulle puis de toute la Corrèze, fin août 1944.

Ensuite, les Résistants de la 235ème compagnie du 21ème Bataillon FTPF, avec d’autres compagnies de la région, quittent la Corrèze libérée pour poursuivre le combat dans ce qui est appelé « la poche de Royan et de la Pointe de Grave» sous les ordres du lieutenant Jean Baldous, du côté de la Pointe de Grave pour eux, et donc, sous la responsabilité du colonel Michel Baluze.

Monsieur Baluze était plus âgé que la plupart des soldats Résistants qui étaient sous ses ordres. Né le 9 avril 1893 à Tulle, il avait  été soldat pendant la guerre de 1914/1918 et avait même eu une citation pour bravoure lors de cette guerre mondiale.                                                         .

 

 

 

Une photo de lui, soldat pendant la 1ère guerre mondiale.

 

Il était tout naturellement, et dès le début, entré dans la Résistance avec les FTPF.  Il avait une réelle influence sur ces Résistants, certains très jeunes et éloignés de leur famille depuis de longs mois :

  • Témoignage de Henri Gounet, alias Ledur, membre de la 235ème Cie, installé avec son groupe à Port de Richard, non loin de la Pointe de Grave :

« A la fin des semaines de combats dans cette région, un vrai bourbier, nous sommes remontés à la Pointe de Grave et avons réintégré la caserne Carayon-Latour, annexe de la caserne Xaintrailles, à Bordeaux. Notre chef, Michel Baluze, colonel FFI, nous a fait un topo de la situation et nous a expliqué qu’à partir de cette date, nous avions à choisir entre intégrer officiellement le 126ème RI pour continuer la guerre en pourchassant l’Armée allemande jusqu’à la frontière ou arrêter là et rentrer chez nous. Il suffisait d’aller signaler notre choix au secrétariat de la caserne. C’était ce que lui allait faire, il allait rentrer en Corrèze pour reprendre son travail d’enseignant. J’ai fait ce choix aussi car j’ai eu l’impression que c’est ce qu’il nous conseillait. De plus, j’étais mineur et pour m’engager, il fallait que ma mère signe l’autorisation. Elle m’avait déjà dit de rentrer ! Donc, de Carayon-Latour, je suis revenu à Brive à la caserne du 126 où j’ai été démobilisé en décembre 1944». (Henri Gounet avait 17ans 1/2 en septembre 44).

Sur cette photo, nous voyons, tout seul devant, Michel Baluze, derrière lui, Pierre Guérin alias Jo et derrière, habillés de façon plus ou moins disparate, les Résistants du 21ème Bataillon FFI qui défilent fièrement devant le Général de Gaulle que l’on peut voir à droite. [ anecdote de Henri Gounet: 

« J’étais sur cette place à Bordeaux avec les copains. Ceux qui n’avaient pas réussi à avoir un « uniforme » correct et une arme pas trop en piteux état n’ont pas pu défiler devant De Gaulle, nous étions massés sur le côté mais nous n’avons pas pour autant boudé notre joie et notre fierté. Il y avait un grand escalier de chaque côté de cette place. De Gaulle a surgi en haut d’un de ces escaliers. Il était encadré de deux spahis géants, encore plus grand que lui! Et il nous a passés en revue. » ]

  • Nous avons entendu la même intonation de grand respect chez d’autres combattants Résistants membres du comité ANACR-Objat comme Baptiste Touron, rentré lui aussi de Bordeaux, malade, avec Michel Baluze, alias Mammouth, directeur d’école à Allassac, nous avait précisé Baptiste.

Nous pourrions citer aussi Roger Lescure de Vignols, présent à la Pointe de Grave et admirateur de l’homme, Michel Baluze …

Michel Baluze est décédé le 11 novembre 1989 à Aurillac.

A ce jour, nous n’avons pas connaissance du fait qu’une rue, une place… porte son nom en Corrèze. Nous le regrettons.

 

 

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Le nom d’une place pour un Compagnon de la Libération

Cette année 2019 s’avère riche en cérémonies de « pose de plaques » dans nos communes. Nos porte-drapeaux accompagnés d’adhérents de notre comité assistent aux inaugurations.

Voici un article de journal de « La Montagne » du 21 juin relatant la pose de la plaque « Place du général Lalande » sur un mur de l’église de Voutezac, plaque découverte par madame la maire de Voutezac en présence des deux filles du général Lalande, de nombreux élus corréziens et des porte-drapeaux d’associations patriotiques.

Un commentaire de C Bravard du comité ANACR Objat illustré par des photos qu’elle a prises au cours de la cérémonie:

« Dimanche avait lieu, à Voutezac, l’inauguration de la place Général Lalande, située contre l’église et face au monument aux morts, suivie d’une conférence de M. Raymond Bardin, Commandant de la Réserve Citoyenne de la Défense, en présence de la famille du Général dont ses deux filles, ses petits-fils, sa soeur et son neveu le Général Legendre.

 
Nous avons donc assisté à un très bel hommage à cet homme, résistant de la première heure, comme son épouse, restée à Brive durant les années de guerre. La dernière photo prise sous la halle montre de gauche à droite, sa fille aînée, Philippe notre porte-drapeau, sa fille cadette, son époux, Nicole Poulverel, maire et Raymond Bardin. » 

 

 

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Au revoir « Gut » Lauriac

Monsieur Auguste Lauriac, membre du conseil d’administration de notre comité ANACR secteur d’Objat depuis 1993, est décédé mercredi 10 avril 2019. Notre co-président lui a rendu hommage, en notre nom à tous, en retraçant ses années de guerre.

En 2002, lorsque les « Amis de la Résistance » du comité ANACR secteur d’Objat avaient commencé à récolter les témoignages des Anciens Résistants membres de ce comité, Auguste  Lauriac n’avait pas souhaité parler. Modeste, il disait que c’était son père et son beau- frère qui avaient été des « légaux ». Lui les avait accompagnés quelquefois disait-il mais il n’était alors qu’un adolescent. En 2013, il nous avait contactés et dit qu’il souhaitait avoir un écrit de son témoignage afin de le laisser à ses petits enfants, un petit fils lui ayant posé des questions. Nous l’avons publié sur ce site dans la rubrique « témoignages ». Cliquez ici.

 

Auguste Lauriac était toujours présent aux assemblées générales de notre comité même à celle de février 2019 où nous l’avions trouvé assez fatigué.

Il nous avait beaucoup parlé de ceux de l’AS qu’il avait vu chez son père, assassinés au camp de La Besse. Il se rendait d’ailleurs chaque année à la cérémonie de commémoration de ce massacre ainsi qu’à Pont Lasveyras. cliquer ici pour en savoir plus

Il nous parlait de Toutou qu’il voyait toujours avec son accordéon. Lui aussi animait des bals clandestins avec son accordéon. Ici, il est le quatrième à gauche de la photo prise lors de la pose d’une plaque ANACR sur la tombe de André Briat dit « Toutou » à Beaulieu sur Dordogne.

Au revoir « Gut » Lauriac.

 

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Jean Viacroze

Il y a un mois aujourd’hui, le 26 février 2019, disparaissait dans sa 105eme année, Jean Viacroze, dernier survivant de la rafle de Tulle menée par les SS de la « Das Reich » le 9 juin 1944.

Il est parti en déportation dans le tristement célèbre « train de la mort » . « Le dimanche 2 juillet 1944, vers 9 heures 15, le train n°7909 s’ébranle sous une légère bruine de la gare de Compiègne en direction de l’Allemagne. Dans chacun des 22 wagons, les nazis ont entassé une centaine d’hommes. » (Extrait d’un article sur le « train de la mort » de la fondation pour la mémoire de la déportation.).

Parmi tous ces hommes, avec Jean Viacroze, se trouvaient 148 autres hommes arrêtés en même temps que lui à Tulle et aussi Raymond Monteil et Léon Grandeuil arrêtés au Bariolet sur la nationale 20 ce même jour en compagnie d’ Edouard Chauvignat, le pendu d’Uzerche, membre du détachement FTPF « Jean Robert ».

De nombreux hommages ont été rendus à Jean Viacroze à Tulle et dans tout le département. Cherchez sur le site des journaux locaux « La Montagne » et « l’Echo » pour en savoir plus en tapant son nom.

D’aucuns ont cru bon de se réjouir une fois de plus de ce qui est arrivé aux martyrs de Tulle. Nous ne leur ferons pas le plaisir de citer leurs noms et leurs « écrits ». Nous voulons ici nous rappeler de notre plaisir d’avoir vu Jean Viacroze toujours plein d’une énergie positive à la cérémonie de remise de prix à la préfecture aux lauréats du concours de la Résistance en 2017. Il était entouré de toute une classe de lycéens de Naves qui ne boudaient pas leur joie de le revoir. C’est la transmission de ce devoir de mémoire qui nous paraît le plus essentiel. Merci monsieur Viacroze d’avoir passé du temps malgré le grand âge à partager votre douloureux vécu avec nous tous.

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Yvette Charbonnel née David, alias ANNIE

La dévouée trésorière de notre comité local de l’ANACR, Monique Touron,  nous fait passer le discours qu’elle a lu lors de l’inhumation de Yvette Charbonnel née David, au cimetière d’Objat le 26 décembre 2018.

Madame Charbonnel est décédée le 18 décembre 2018 à Paris, dans sa 96ème année.

Voici cet hommage: « Mesdames, messieurs, chers amis,

C’est à la demande de la famille et au nom du comité ANACR d’Objat (association nationale des anciens combattants et Amis de la Résistance) que je m’adresse à vous tous pour parler d’Yvette David (de son nom de jeune fille) afin de participer à l’hommage que nous lui rendons aujourd’hui.

Née le 3 janvier 1923 à Montrouge (seine), élevée par des parents cultivateurs à Objat au lieu-dit « Les Fourches » qui soutiendront le maquis en le ravitaillant, c’est tout naturellement qu’elle se met au service de la Résistance dans cette France asservie par les forces d’occupation qui reçoivent l’aide de la police française de Vichy.

Yvette rejoint très vite la clandestinité en intégrant l’Etat Major des Francs Tireurs et Partisans (FTP) cantonné à Clergoux-Sédières. Elle prend alors le nom de Résistance « Annie ». Elle transcrit des messages, transmet des documents ronéotypés, des tracts destinés à la population ainsi que des messages et des ordres acheminés ensuite jusqu’aux camps de maquis dans les bois de la région (notamment celui du sous-secteur B, le camp « Jean Robert » basé dans le Vaysse).

C’est pendant cette période qu’elle fait la connaissance d’un jeune Résistant, Corrézien lui aussi, qui assure la transmission de fonds et documents importants. Il s’appelle André Charbonnel et deviendra son époux le 7 juillet 1946 à Objat. Ils auront 5 enfants : Elise, Anne-Marie, Jean-Yves, Jean-Michel et Isabelle.

Annie participera en 1945 à la cérémonie de la Libération à Objat et au regroupement des jeunes filles Résistantes, Patriotes de la région avec, pour n’en citer que quelques-unes connues, Adeline Rol, Thérèse Boulestin, Céline Malaval, Marie-Louise Leymarie qui deviendra l’épouse de notre regretté Pierre Guérin alias Jo, commandant du détachement FTP Jean Robert cantonné dans le Vaysse, commune de Vignols. A l’image de toutes ces femmes qui eurent le courage de braver le danger au risque de leur vie, ces femmes de toutes origines, de toutes conditions : servantes de fermes, agricultrices, avocates, institutrices, infirmières, ouvrières, étudiantes… Pour elles pas le moindre doute, il fallait chasser l’occupant nazi de France et rétablir la PAIX.

C’est pourquoi nous nous inclinons devant notre amie Yvette, alias Annie, Charbonnel qui honore la France de par son engagement patriotique et son action courageuse pendant la guerre 1939/1945. »                  Monique Touron

Photo de la cérémonie de la Libération en 1945 à Objat (appartenant à M Touron.)

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Louis Borie

L’année 2018 qui s’achève a vu la disparition de Louis Borie, à l’âge de 95 ans. Ses obsèques civiles ont eu lieu à Chareil- Cintrat le 31 octobre 2018.

Le comité ANACR secteur d’Objat rencontrait Louis tous les ans lors de la commémoration au Saillant de Voutezac rappelant la rafle du 15 avril 1944. Il faisait à cette occasion un don à notre association pour que l’on continue à honorer la mémoire des Résistants de ce coin de Corrèze. (cliquer ici ou chercher dans « archives » à droite de la page d’accueil les articles publiés en avril de chaque année)

Il tenait à assister à  cette cérémonie du souvenir lui qui, en visite dans sa famille saillantaise depuis la veille de ce triste jour, avait vu son père être arrêté avec d’autres et lui- même  blessé par balles, laissé pour mort alors qu’il essayait de s’enfuir dans les bois avoisinants. Son père, Jean Borie, n’est jamais revenu de cette déportation; lui a été soigné et caché par les médecins et les infirmières de l’hôpital de Brive.

Cette période de la guerre, il l’a vécue à Brive avec son frère Pierre, alias « Pétrole », un de ces cheminots « légaux » de Brive qui ont joué un rôle très important dans l’histoire de la Résistance sur Brive au sein du 15ème bataillon FTPF. Relire pour exemple l’histoire du détournement du train de canons allemands bloqué à Estavel et détourné sur Ussac (cliquer ici).

Louis Borie avait été plusieurs fois médaillé et était titulaire de la légion d’honneur.

Devant la stèle du Saillant (19)

 

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