Souvenirs d’une enfance en 1944

Madame Touron, femme de Baptiste Touron, alias « Michel » , Résistant sous le commandement du capitaine « Jo » Guérin en 1943/44, (lire un extrait de son temps de maquis en cliquant sur « Témoignages de Résistants » sur le bandeau de la page d’accueil), madame Touron donc, nous a fait le plaisir de nous envoyer un texte relatant une partie de sa vie avec ses parents en 1944 dans la région parisienne. Elle nous autorise à le publier en ce dernier jour d’une longue année 2020 plutôt triste.

Le voici en entier sans retouches bien sûr: « ROUTE : SOUVENIR que je garde au cœur !» J’ai onze ans en 1944. Nous vivons les derniers jours de l’occupation allemande en région Parisienne. Mes parents et moi demeurons dans un immeuble, en bordure du bois de Vincennes, à Charenton-le-Pont. Des villas luxueuses longeant le bois, sont inoccupées et réquisitionnées par les Allemands : S.S, gestapo et consorts y mènent alors une existence privilégiée de fêtes, beuveries, ripailles. Et, à ce moment, étant pris au piège, ils s’enfuient dans des voitures civiles en déchargeant leurs armes sur tout ce qui bouge ! On entend fréquemment des salves de mitraillettes crépiter çà et là.

Mon père arrive en vélo à la maison (le métro ne viendra à proximité de chez nous que bien après la guerre !). Maman, elle, n’est pas encore rentrée. Je le vois remettre ses pinces au bas de son pantalon, et enfourchant son vélo : « une course à faire », me dit-il. « Papa emmène-moi s’il te plaît. ». Je le supplie et enfin me retrouve juchée sur le cadre du vélo, enserrée par ses bras (il faut dire que je suis affreusement maigre). Je ne sais pas où nous allons…

Nous débouchons sur cette route magnifique qui s’étend à l’orée du bois jusqu’à la Porte de Charenton, une des entrées de la capitale. Non loin de nous : le zoo de Vincennes qui m’est familier. Tous les matins je suis réveillée par le rugissement des lions, les cris des paons et de ceux des singes qui se querellent ! Nous passons ensuite devant la «CIPALLE» (stade très fréquenté avant guerre, où avaient lieu les rendez-vous cyclistes parisiens). Nous ne croisons aucun véhicule, et, progressivement la mitraille, les rafales se calment… à croire que tout s’est arrêté !

La soirée s’annonce très belle : en attente de grands événements que je pressens confusément ! Cette route, telle une rivière paisible, est limpide, amicale, coopérante. La lumière du couchant teint d’orangé toute la nature environnante et les façades des maisons. Après quelques méandres de la route toute en courbes harmonieuses, nous débouchons enfin PORTE DE CHARENTON à la limite du XIIème arrondissement. C’est ici la ceinture de Paris, dite « boulevards circulaires ». A cette époque, sur la grande place trônaient les bâtiments d’OCTROI (non encore aboli, il le sera en 1948 !) par lequel il fallait « obligatoirement » passer et s’acquitter de droits sur les marchandises transportées.

Nous rejoignons un attroupement de civils qui grossit à vue dœil. Il en arrive de partout et on nous envoie vers un autre groupe… Et soudain, comme d’un coup de baguette magique, sortent des immeubles des lits cages métalliques, des matelas, de vieilles cuisinières, des buffets, des mannequins, des fauteuils (défoncés). Tout cet attirail hétéroclite est porté sur la route par une chaîne humaine. Et 1à, barrant la circulation, s’élève, en un clin d’œil, une barricade sur laquelle flotte fièrement notre drapeau tricolore.

Ensuite, nous sommes occupés à déterrer les pavés avec un outillage de fortune ! Les cubes de granit gris du boulevard « résistent» eux aussi ; le travail est pénible et les mains souffrent même avec des gants. Cependant nous chantons et nous sommes protégés par un détachement F.F.I. en position de combat, qui vient d’investir la barricade ! J’apprends que toutes les portes de Paris ont reçu la même consigne : « TOUT PARIS AUX BARRICADES ». Il faut couper la retraite aux unités allemandes restant dans la région parisienne afin de les empêcher d’aller rejoindre le front de Normandie.

J’entends dire aussi qu’un char allemand « PANZER » est bloqué par la Résistance, non loin, et on entend des tirs de mitrailleuses et des explosions en chaîne. Cela ne nous empêche pas de remplir nos brouettes acheminées au pied de la barricade, qui, à son tour, s’enrichit d’une muraille de pavés !! La MARSEILLAISE est entonnée, suivie de « Auprès de ma Blonde ». On rit, on s’embrasse ! Le temps passe vite dans cette ambiance de fourmilière. Et lors d’une pause, papa, qui avait aidé à la mise en place d’une mitrailleuse, vient vers moi et me dit : «il faut rentrer maintenant ».

A contrecœur, après maintes embrassades, les larmes dans les yeux, nous voilà à nouveau sur la route du retour : le cadre du vélo est plus dur, j’encaisse mal les aspérités de la route mais j’essaie de ne pas y penser.

Très vite la situation change : des coups de feu retentissent de toutes parts ; une grande agitation se produit autour de nous. Papa accélère tant qu’il peut ! Des F.F.I. sont aux prises avec des Allemands qui ripostent ; les balles sifflent. Alors, papa abandonne la route et roule à I’ orée du bois, au ras des marronniers d’Inde qui jalonnent les trottoirs de sable blanc … et il peine !! Il ne dit mot .. reste calme (du moins je le suppose) mais je ne vois pas son visage. Je scrute les alentours, la peur au ventre ! Je sais que nous sommes en danger !! Que cette route est longue et épuisante … pas même la moitié du trajet accomplie à cet instant !!!

D’une maison cossue s’échappent des flammes : des prisonniers allemands en sortent, les mains en l’air, sous bonne garde ! La peur me tenaille, mais le vélo ne s’arrête pas ! Je ne me souviens plus comment nous avons pu faire le reste du parcours sur cette route INTERMINABLE… Et pourtant, lorsqu’ arrive enfin ma RUE (la rue des Ormes, c’est son nom) j’aperçois la maison et surtout maman qui, le visage ravagé par I’ anxiété et les larmes, se précipite vers nous. Mon cœur bat à tout rompre et je tombe dans ses bras.

Deux jours après ces événements, le 26 août 1944, nous sommes tous les trois accoudés à la fenêtre pour profiter enfin d’une soirée calme. Soudain dans le lointain des cloches sonnent à toute volée (nous apprendrons plus tard que ce sont celles de NOTRE-DAME DE PARIS, reprises par toutes celles des églises de la capitale et des banlieues). Elles annoncent officiellement à la population : LA LIBERATION de Paris et de sa COURONNE.

Après la guerre, et encore maintenant, parfois je refais cette route par la pensée (puisque depuis longtemps je vis en Corrèze) mais chaque fois mes souvenirs remontent. Je suis émue et fière d’avoir effectué ce parcours sur cette route de LA DELIVRANCE, un des plus beaux « souvenirs » « OUE JE GARDE AU COEUR» (citation de J.-B. Clément, Le Temps des Cerises, 1867). »

 Monique Touron accompagne des élèves de l’école de Vignols pour déposer une gerbe au monument aux morts à l’occasion de la journée nationale de la la Résistance le 27 mai 2018.

 

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Un nouveau drapeau

Un nouveau drapeau a été acheté par le comité ANACR secteur d’Objat afin de remplacer celui d’origine, utilisé pendant plus de 50 ans.

Il a été étrenné par notre jeune porte-drapeau Emilian Blanchard lors de la commémoration de l’armistice le 11 novembre 2011à Vigeois puis à Orgnac. 

Ci-dessous l’article publié dans la page locale de La Montagne Corrèze du samedi 10 octobre 2020.

 

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Jeannette Fossard, ANACR Tulle

Jeanne Fossard est décédée le 15 octobre 2020. Elle avait 92 ans.

Elle était membre de l’ANACR sur Tulle. A ce titre, elle faisait partie de ceux qui étaient volontaires pour passer la journée à corriger les travaux des collégiens et des lycéens qui avaient bien voulu participer au concours de la Résistance et de la Déportation. 

C’était un honneur et aussi un grand plaisir d’être à sa table de correction. Elle lisait les copies avec attention et bienveillance, faisait ses commentaires d’une voix douce et apaisante.

Le concours de la Résistance n’a pas eu lieu en 2020 pour cause de pandémie et nous n’avons pas eu la joie de parler avec elle de l’actualité, d’ une vie d’engagements.

Nous vous conseillons la lecture de l’article paru dans le journal de la Montagne Corrèze le samedi 17 octobre 2020. 

Elle venait aussi à la remise des prix de ce concours à la préfecture, programmé ses dernières années le 27 mai, journée nationale de la Résistance. Voici des instantanés pris en mai 2017 et mai 2018 où l’on voit bien que madame Fossard était toujours à l’écoute des autres et dans l’observation bienveillante. 

 

Jeanne Fossard, en haut de la photo à gauche devant la préfecture de Tulle, en toute discrétion.

 

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De Saint-Solve à Orgnac, 1944

Dans son livre « Les bruyères de mon enfance », Janine Cythère- Gorse a écrit un chapitre où elle parle de la période située entre 1943 et 1944. Elle avait alors 19 ans. Nous vous mettons des extraits de ce chapitre :

« Petit à petit, au fil des mois, quelques groupes de Résistance se constituèrent, avec des jeunes qui venaient de toute la France prendre le maquis, soit par conviction, soit pour échapper au Service du Travail Obligatoire, mis en place à partir du début de 1943. Ce n’était pas facile pour ces jeunes maquisards, qui vivaient dehors la plupart du temps et ne connaissaient pas le pays… La vallée de la Vézère, ses pentes abruptes et son lit encaissé, se prêtaient bien à l’implantation de groupes clandestins.

Ce sont mes amis du hameau des Chapoulies, Elie et Marie, qui les premiers m’ont demandé si je pouvais héberger quelques maquisards et leur donner à manger. Ces braves gens ne pouvaient pas rester dehors dans les nuits froides et il fallait bien qu’ils mangent. J ’acceptai cette mission, dont on ne me cacha pas qu’elle comportait un certain risque. C’est ainsi que je me suis mise à cacher et à coucher les maquisards dans la grange de mes grands-parents.¤ En hauteur, dans le foin, car je savais que mon grand-père ne pénétrait qu’en bas. Il y avait des Parisiens, des Juifs, des Polonais… Pour les nourrir, je récupérais des œufs, du pain et du fromage où je pouvais Comme j’habitais alors chez mon père à Saint-Solve, j’effectuais de nombreux trajets entre les deux villages. A pied…Je tricotais aussi, confectionnant des chaussettes et des écharpes, que j’apportais à la mairie car le maire était très engagé dans la Résistance. Il risquait gros.

Au bout de trois ou quatre mois, j’ai eu peur que mes grands-parents ne s’aperçoivent de quelque chose. J’en ai parlé à Elie et je lui ai demandé si je pouvais être affecté à une autre mission. Il accepta et me proposa comme agent de liaison. Ma candidature fut acceptée. Rapidement, on utilisa mes services. Je récupérais des plis au QG à Orgnac, dans la maison du maire, que je devais emmener dans différents camps disséminés dans la nature, au Vaysse souvent. Toujours à pied. C’était souvent de petites enveloppes, avec un numéro. Je les cachais dans mes chaussures ou dans mes bas…Il fallait se méfier de tout le monde, et parler le moins possible. Par chance, je n’ai jamais eu de problèmes. Quelques grosses peurs seulement, quand je me suis trouvée devant une traction que je n’avais pas vue sous un arbre ; les deux occupants m’ont regardée, mais ne m’ont ni interpellée ni suivie. Et une autre fois, quand, au milieu des bois, j’ai vu les fusées éclairantes tirées par les Allemands illuminer le ciel et que je ne savais plus si je devais avancer, reculer ou ne pas bouger d’un centimètre.

Certains « camarades » en revanche ont été pris et déportés…Les Allemands sont aussi montés à Orgnac, puis à Saint-Solve quelques jours après (la famille des alcools Ricqlès était réfugiée dans la commune). Là, ils ont embarqué cinq ou six personnes, dont le boulanger et une femme qui hébergeait des Juifs et nourrissait les Maquisards. Elle resta huit jours à la Kommandantur de Tulle, avant d’être libérée. C’est elle, qui quelques mois plus tard, m’aiderait à payer mon voyage à Paris…

J’ai des attestations qui prouvent si besoin est mon engagement.

  • Une du maire d’Orgnac, en 1945 : « Le maire certifie que mademoiselle Cythère Janine a aidé en son temps la Résistance organisée en cette commune, soit en servant d’agent de liaison, soit en favorisant le ravitaillement des forces du maquis, et n’a mérité que des félicitations de la part des responsables de la Résistance dans l’occupation ennemie. »
  • Et une du commandant FTP dont je dépendais, qu’il a rédigée en 1963 : « Je soussigné, lieutenant de réserve Pierre Guérin, ex-commandant Jo du 2ème bataillon du sous-secteur B de la 3ème région militaire FTPF, certifie que Madame Gorse Marguerite, alias Janine, a appartenu à la 235ème en qualité d’agent de liaison, du 6 janvier 1944 au 15 août 1944. » …

J’ai fait ce que ma conscience et les circonstances me dictaient à l’époque. Ni plus ni moins »

¤. Les grands-parents de Mademoiselle Cythère habitaient le hameau de Malchétif sur la commune d’Orgnac-sur- Vézère .

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Disparition du dernier Résistant du comité ANACR secteur d’Objat

Le comité ANACR secteur d’Objat déplore la disparition du dernier Résistant adhérent, Henri Gounet alias Ledur, le vendredi 31 juillet 2020 dans sa 94 ème année.

Henri Gounet.

A sa gauche, Gerhard Leo.

Derrière eux, André Merat lors de la venue de « Rescapé » en France. (voir archives du 11/11/2017)

Le jour de son enterrement, devant le monument aux morts de Vignols, André Faure à ses côtés, Bernard Delaunay a lu un discours relatant la période de Résistance d’Henri Gounet et celle de son engagement au sein du comité local du secteur d’Objat comme du comité départemental. Il nous a permis de le transcrire ci-dessous:

« Au nom de la direction départementale de la Corrèze , de l’Association Nationale des Anciens Combattants et Amis de la Résistance (l’ANACR), nous nous devons de rendre un dernier hommage à notre regretté vice-Président Henri Gounet.

En 1942, à l’âge de 15 ans, Henri était lycéen. Orphelin de père, sa mère travaillant à Paris, il était interne au lycée, souvent tiraillé par la faim en cette période de restrictions imposées par le régime de Vichy au service de l’occupant nazi. Comme  il avait demandé à partir travailler,  son grand-père l’avait placé comme valet de ferme sur la commune de Lascaux et c’est ce qui a déterminé ses choix de grand adolescent, car cette ferme accueillante apportait son aide aux Maquis alors en cours de formation : il a d’abord porté le ravitaillement et le courrier personnel de certains maquisards à un point de rencontre dans les bois voisins , puis à la fin de 1943, il a participé comme guetteur à des sabotages et des coups de main, tout en continuant à travailler à la ferme.

Quand, au printemps de 1944, la division Brehmer a lancé ses opérations de répression des Maquis en Basse-Corrèze, on lui a conseillé de partir se cacher avec des maquisards qui faisaient partie du détachement Jean Robert, dont le chef était Pierre Guérin alias « Jo » dans la clandestinité. Ce détachement appartenait à la 23.5 eme Compagnie des Francs-Tireurs et Partisans Français (FTPF) du sous-secteur B de Basse-Corrèze. Les attestations de ses chefs montrent que sous le pseudonyme de « Ledur », Henri a participé de façon permanente jusqu’à la Libération, à toutes les opérations de Résistance demandées, comme la récupération d’armes, le transport de munitions, les attaques de convois allemands avec embuscades sur les axes routiers, les sabotages ferroviaires répétés sur la ligne Paris-Toulouse entre Vigeois et Brive, puis l’aide à la libération de Brive et de Tulle en août 1944.

Après la libération de la Corrèze, malgré son jeune âge et sa reconnaissance comme soutien de famille, il est rattaché au 21eme bataillon des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) sous les ordres de Michel Baluze, alias « Mammouth » et participe à la campagne de la Pointe de Grave dans la zone de Port-Richard. Mais lorsqu’il est question d’aller poursuivre les Allemands jusqu’en Alsace et au-delà, Michel Baluze lui conseille de rentrer en Corrèze avec lui et Baptiste Touron entre autres, dont nous saluons aussi la mémoire. Il est démobilisé à 17 ans le 12 décembre 1944.

Quand il a été à la retraite, Monsieur Célerier de Saint-Solve, ancien Déporté, et le commandant Jo Guérin lui ont demandé de s’investir un peu plus dans le comité ANACR du secteur d’Objat en assurant le secrétariat. A ce titre, il a été l’initiateur  de la 1ere exposition sur la Résistance dans ce secteur en 1992, exposition pour laquelle il n’hésitait pas à se déplacer au musée de la Résistance à Tulle pour emprunter ou photocopier des documents , et qui a été présentée et commentée aux enfants des écoles , car il accompagnait régulièrement Jo Guérin dans les écoles et collèges pour accomplir ce qu’il considérait comme un devoir de Mémoire à transmettre aux jeunes générations.

Il a aussi tenu à mener à bien la création et la pose de la stèle des Marians en 2002 et a demandé aux Amis de la Résistance , de réaliser à cette occasion une exposition centrée sur le groupe Jean Robert.

A l’ANACR-Corrèze, il était un des derniers Résistants membre du Conseil départemental où il représentait assidûment son comité du secteur d’Objat, jusqu’à ce que ses problèmes de santé le lui interdisent, mais il m’avait demandé de rester en contact avec lui par internet pour le tenir informé de l’activité du comité départemental. Je lui suis reconnaissant de m’avoir prodigué des conseils bienveillants pour éviter certains « pièges » dans l’exercice de notre travail de Mémoire et d’Histoire de la Résistance. Lors de nos réunions, sa rigueur intellectuelle lui faisait parfois comme on dit « mettre les pieds dans le plat » pour revenir à l’essentiel, dès qu’il sentait que l’on s’écartait un peu des valeurs de fraternité et de solidarité qui devaient nous animer, à l’image de celles du Conseil National de la Résistance. Cela ne plaisait pas à certains, mais sa parole portait et nous étions « complices » pour maintenir le cap fixé par nos statuts dans l’esprit de la Résistance. 

Il avait participé avec enthousiasme aux trois journées de travaux de notre congrès national de Brive en 2014, et après le décès de notre co-président départemental Jean Maison en 2016, s’il avait décliné, pour raisons de santé, une proposition de prendre sa succession, il avait accepté une vice-présidence pour me représenter en cas de nécessité sur le secteur de la Basse-Corrèze.

Résistant authentique, titulaire de la médaille commémorative française de la guerre 1939-1945 avec barrette « Libération », il faisait partie de ces Résistants que l’Etat n’a pas su ou voulu honorer à la hauteur de leurs  mérites comme le demandait l’ANACR , mais qui comme lui  ne demandaient rien : il avait disait-il « fait son devoir, un point c’est tout » ! 

Avec la disparition d’Henri, une partie de la Mémoire de la Résistance corrézienne s’éteint, mais pas la flamme qu’il avait soigneusement entretenue auprès de nous. Il nous laisse une trace indélébile :  nous n’oublierons pas son attachement à l’honnêteté, à la sincérité des témoignages, son intransigeance face aux déformations de la vérité historique,…  nous sommes aujourd’hui les héritiers de ses convictions  et  sa mémoire nous engage  à les transmettre le plus fidèlement possible« .

 

Ses mois de Résistance comptant, il n’a fait que peu de service militaire en 1947.

 

 

 

Il entretenait tous les ans la stèle des Marians et un an après l’inauguration de 2002, il avait décidé de planter autour de la pierre d’ardoise du buis et du muguet (Le muguet en hommage à madame Roulet qui avait fait de même autour de la stèle de Mario).

Le 8 mai 2013, il rappellle la tragique histoire de Mario devant la « stèle de Mario » dans le Vaysse, commune de Vignols, avant de se rendre au monument aux morts.

 En 2017, le 27 mai, journée nationale de la Résistance, il répond aux questions  d’écoliers.

 

 

 

 

 

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17 juin 1940, 18 juin 1940

  • Le 17 juin 1940, Philippe Pétain fait une allocution radiophonique annonçant l’ouverture des négociations d’armistice et demandant aux troupes françaises de cesser le combat.

Aussitôt, trois personnes de sensibilités politiques différentes réagissent, Charles Tillon, à Gradignan, Daniel Cordier à Bordeaux, Edmond Michelet à Brive et font circuler des tracts appelant à continuer la lutte.

Le tract de Charles Tillon nous dit que

« …Le peuple français ne veut pas de l’esclavage, de la misère, du fascisme,pas plus qu’il n’a voulu de la guerre des capitalistes. Il est le nombre. Uni, il sera la force« …

(voir précédent article sur C Tillon en cliquant ici)

Celui de Daniel Cordier appelle aussi à s’unir

 » Les jeunes font appel à ceux de leurs camarades qui aiment la France, qui savent encore ce qu’elle représente et qui veulent sauver son âme. Ils leur demandent de se retrouver dans ce but. Groupons-nous. La France ne doit pas mourir. »

Le tract d’Edmond Michelet glissé sous des portes d’entrée brivistes prend ses références dans l’oeuvre de Charles Péguy et appelle à refuser l’occupation allemande

«  …Celui qui ne se rend pas a raison contre celui qui se rend… »

  • Le 18 juin 1940, la demande de ne pas « baisser les bras » vient de Londres et c’est l’appel du 18 juin du général de Gaulle, commémoré tous les ans dans nos communes françaises.

MC Gauthier- Bravard nous adresse deux photos de la commémoration faite au monument aux morts d’ Objat ce 18 juin 2020 à 11h30, toujours en comité restreint, précaution vis à vis du Covid 19 oblige. Nous notons la présence de Yves Ponthier avec le drapeau du comité ANACR secteur d’ Objat ainsi que celles de notre trésorière Monique Touron et  de Christine Bravard, co-présidente du comité.

Un article sur « le terroriste » De Gaulle, condamné à mort par le gouvernement de Vichy est à voir sur ce site en cliquant ici.

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Champ des martyrs, 9 juin 2020

L’ ANACR départementale a tenu à déposer une gerbe au « Champ des Martyrs » de Tulle ce 9 juin 2020 malgré les restrictions imposées pour tout rassemblement du fait de l’épidémie de coronavirus. Bien sûr, notre comité ANACR secteur d’Objat était représenté. (Photos de Mme Gauthier-Bravard)

Dépôt de la gerbe de l’ANACR par le président de l’ANACR Corrèze, B Delaunay, accompagné du président de l’ANACR Tulle, M Trésallet. (Michel Trésallet est fils d’un des 101déportés, raflés le 9 juin 1944 à Tulle et morts en déportation).

Notre porte drapeau, Philippe Bravard, est resté aussi pendant la cérémonie officielle:

 

Le souvenir reste, toujours vif pour les Corréziens…

 

 

 

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Quel 27 mai en 2020?

Le 27 mai est la journée nationale de la Résistance et ce, depuis 2013. Elle a été choisie par rapport à la date de la création du Conseil National de la Résistance le 27 mai 1943.

Les adhérents de l’ANACR, qui ont demandé pendant des années la reconnaissance officielle de  cette journée nationale de la Résistance, ne peuvent que souhaiter que le programme « Les jours heureux », né de la discussion entre toutes les différentes parties de ce Conseil de la Résistance, reste  en vigueur afin de continuer à faire progresser les avancées sociales et économiques acquises, pour une France solidaire.

Beaucoup de façons de célébrer cette journée de la Résistance, même en respectant les nouvelles règles de distanciation. En voici deux proposées en cette année particulière.

  • Vous pouvez aller lire le communiqué de l’ANACR nationale sur le site de l’ANACR Corréze. ( voir le lien du site corrézien sur la page d’accueil de notre site).
  • Vous pouvez faire, à titre individuel ou en petit comité, le parcours que nous avions souhaité programmer en remplacement de la traditionnelle cérémonie du premier dimanche d’avril, annulée en 2020: Laissez votre voiture à côté de la stèle de la Garédie. Si téléphone portable adapté, vous pouvez vous servir du panneau installé à côté de cette stèle pour repérer le trajet à faire afin de rejoindre la stèle de Mario. Là, faites une minute de silence en sa mémoire et en celle de ses compagnons de route.

Vous pouvez aussi prendre contact avec les quelques Anciens Résistants encore parmi nous pour parler de cette période.

Pour lire le texte choisi cette année et envoyé par le bureau national de l’ANACR à tous les comités départementaux, cliquez sur le site de l’ANACR- Corrèze.

Notre comité était présent avec notre drapeau pour les cérémonies organisées par certaines communes de notre secteur le 8 mai 2020. Merci à ceux qui ont fait passer des photos:

C Bravard, co-présidente du secteur d’Orgnac, nous écrit:
 » Trois photos pour vous du triste 8 mai 2020. Au monument aux morts, à la stèle de la Chapoulie où fut exécuté Guy Pépy le 18 juin 1944 et aux stèles de La Rivière où ce même jour ont été torturés et exécutés Léonard et Marcel Rabe (père et fils) et le maquisard “Toutou” du Groupe Jean Robert, de son véritable nom André Briat.
Nous étions 5, Miléna Loubriat, adjointe au maire, Paul Freyssinet, adjoint et porte-drapeau de la commune pour l’occasion, Philippe Bravard, porte-drapeau de l’ANACR du secteur d’Objat, CGB, co-présidente du comité ANACR d’Objat et un ami qui a tenu à être présent malgré les directives, Christophe Pouget. Et nous l’en remercions. »
Y Ponthier co-président du secteur d’Objat, ajoute:
« Quant à moi j’étais, comme convenu, à Objat, avec le maire, quelques conseillers, des représentants de la FNACA et de l’ANACR (moi-même) de quatre porte drapeau (j’étais aussi dans ce rôle).  Après la lecture du texte de De Lattre de Tassigny et le dépôt de gerbes, Mr Queyrau a interprété la Marseillaise a cappella avec l’assistance. Mais, pas de photos. Dommage, car on aurait pu immortaliser l’oiseau qui était venu se poser sur la pointe de la hampe de mon drapeau. »!

 

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Cecile Rol-Tanguy

Cécile Rol-Tanguy est décédée à l’âge de 101 ans ce vendredi 8 mai 2020, jour du 75ème anniversaire de la capitulation allemande amorçant la fin de la seconde guerre mondiale. Elle était née le 10 avril 1919 à Royan.

Elle était présidente du bureau national de l’ANACR. Elle avait naturellement participé activement au congrés national de l’ANACR à Brive en 2014.(voir les 3 jours du congrés en photo en allant sur la page d’accueil et en cliquant sur « archives » puis octobre 2014), toujours présente à la tribune au côté des trois autres présidents du bureau national, Louis Cortot, décédé en 2017, Henriette Dubois, décédée en 2018 et Pierre Martin.

Dans le car numéro 7, affrété pour nous conduire à la cérémonie d’hommage aux martyrs de Tulle, (cliquer ici pour plus de précisions), elle a longuement discuté avec Henri Gounet, résistant, membre du bureau du comité anacr secteur d’Objat. En tendant l’oreille, nous les avons entendus parler du congrés bien sûr, de la symbolique de ce déplacement à Tulle mais aussi de leurs différents engagements dès leur grande jeunesse tant syndical à la CGT que politique au parti communiste français et dans la Résistance, à 20 ans pour l’une, à 17 ans pour l’autre. Elle estimait qu’il était de son devoir de continuer jusqu’au bout auprès des Amis de la Résistance, afin que perdure ce devoir de mémoire.

Quelques photos de Cécile Rol-Tanguy au congrés national ANACR de Brive:

Dans le car entre Brive et Tulle en route pour le « Champ des Martyrs », Cécile Rol-Tanguy et Henri Gounet.

A Tulle, lors du discours du ministre des Anciens Combattants, Mme Rol-Tanguy assise devant Louis Cortot et à côté de notre président anacr objat en 2014, Claude Gauthier.

De gauche à droite: en 2014, écoutant le discours du maire de Brive, Cécile Rol-Tanguy, Louis Cortot, Jean Maison, notre président ANACR Corrèze, Henriette Dubois.

Cécile Rol-Tanguy a laissé aux « petites mains » qui ont participé au bon déroulement de ce congrés de Brive, le souvenir d’une personne de 95 ans affable, disponible, attentive et très alerte. Au revoir madame Rol- Tanguy. Merci pour tout.

Nous vous conseillons d’aller sur le site de l’ANACR-Corrèze pour lire l’article retraçant la vie militante de Cécile Rol Tanguy…ou sur le site officiel national de l’ANACR, bien sûr.

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La Garédie 2020

Le devoir de mémoire, la lutte contre la tentation de l’oubli ont été accomplis grâce à la famille Bravard ce 5 avril 2020, comme tous les 1ers dimanches d’avril depuis l’érection de la stèle de la Garédie, tout en respectant les consignes de confinement bien sûr.

La preuve en images. (photos de C Gauthier-Bravard)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Merci à Philippe notre porte-drapeau et à Christine, co-présidente du comité ANACR Objat.

 

 

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